Vladimir Putin

Décryptage de la guerre en Ukraine

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Ce qui suit a été publié sur Twitter par le journaliste de la Stalker Zone, Ollie Richardson (@O_Rich_). Les commentaires entre […] sont les miens.

Je vois encore souvent la Russie critiquée, pour n’être pas intervenue lors des évènements, en Ukraine, il y a quatre ans. Cette critique suit toujours la même forme, sans que soit proposée une alternative, ou si une alternative est proposée, d’une naïveté incroyable.

Le problème principal: ces critiques supposent un scénario non-existant, où l’Ukraine serait la seule source de conflit géopolitique. Bien sûr, si l’Ukraine était la seule source de conflit, une solution serait beaucoup plus facile à identifier. Mais la réalité est différente.

Le second problème est l’ignorance du fait que les évènements de 2014 en Ukraine ont été la culmination de cent ans d’histoire. En fait, il est légitime d’affirmer, en gros, que tout ce désastre était déjà prévisible du temps de la République Populaire Ukrainienne.

Le troisième problème est de croire que les évènements se suivent en série, plutôt que de se produire en parallèle, c’est à dire qu’au départ d’un évènement dans un pays, il s’en suit que les évènements en cours dans d’autres pays s’arrêtent, temporairement ou indéfiniment. Il y a suffisamment d’explications scientifiques qui montrent que cette hypothèse est erronée.

Le quatrième problème est le manque de compréhension, en général, que la Russie d’aujourd’hui est construite sur les fondations de l’URSS. Prétendre séparer les deux périodes, comme si elles n’étaient pas connectées, contribue à une approche à la fois idéaliste et mentalement étriquée.

Pour en arriver maintenant au coeur du sujet: en 2014, les USA lâchent sur l’Ukraine quelque chose qui avait déjà forme et énergie. Les idées anti-soviétiques avaient déjà été promues dans les années 90, grace à Gorbachev et Yeltsin. Cette base était alors établit.

Dans les années 90, dans l’ouest de l’ Ukraine, vous pouviez déjà être attaqué pour porter un ruban de Saint-George. Bien sûr c’était encore bien différent de ce qui se passe aujourd’hui, quand vous pouvez être légalement abattu pour la même raison, mais les symptômes étaient identiques.

Au même moment le gouvernement ukrainien se dirigeait vers une politique multi-vectorielle, pour être à la fois pro-US et pro-Russe. C’est Kuchma qui développa cette approche, qui mit le pays sur la route des évènements de 2013/2014. Dès 2013 les US avaient déjà établit leur réseau de NGOs [en Ukraine].

La formation de ce réseau avait en fait commencé pendant la 2e guerre mondiale, avec comme stade précurseur la formation de l’ UPA/OUN [organisations nationalistes]. Il est vital de comprendre que les US avaient déjà une main-mise solide sur l’ouest de l’Ukraine, bien avant l’effondrement de l’URSS.

La tâche était toujours d’injecter [le même procédé: création de “NGOs” et préparation d’un soulèvement armé] en Russie. Yeltsin fit de son mieux pour dépecer le pays, mais le KGB finit par identifier les principaux points chauds du complot US, et agit à temps pour neutraliser les menaces les plus dangereuses (Putin y fut engagé.)

Donc pour la CIA c’était le retour au départ, puisque ni l’Afghanistan, ni Grozny, ni la Géorgie, ni les “révolutions multi-couleurs” en Lettonie/Biélorussie/Arménie n’avaient réussit, et le moment était donc venu de jouer la carte de l’Ukraine. Le réseau NGO attira la Galicie [partie de l’Ukraine historiquement et politiquement hostile à la Russie] vers Kiev, et le reste est déjà de l’histoire. Et c’est exactement au moment de la fuite de Yanukovych et de la césure des élites, que la Russie aurait du intervenir, à croire ses détracteurs. Il y avait un autre problème: le réseau US NGO [dans ce cas les organisations soi-disantes d’opposition au gouvernement syrien, et, en fait, les terroristes] était sur le point de prendre Damas.

Ainsi, en 2014, la Russie est attaquée dans deux directions, la Syrie et l’Ukraine. A en croire ses détracteurs, la Russie aurait du envahir l’Ukraine et repousser la junte. Ceci avant le commencement de l’ATO [l’opération “anti-terroriste” déclenchée par la junte contre le Donbass.] Imaginons que la Russie envoie ne serait-ce qu’un char de l’autre coté de la frontière…

Où cela aurait laissé la Russie en ce qui concerne le droit international? Qu’est-ce que Moscou pourrait espérer, alors que l’histoire montre que démarrer une guerre est facile, mais la terminer est très, très difficile? La Russie doit-elle commencer à tuer ses fils, car les Ukrainiens sont en fait des Russes?

C’est précisément là que la logique fallacieuse des détracteurs est apparente. Les US sont en Ukraine pour une seule raison: pour attirer la Russie, et, en attendant, pour le pillage. Les US veulent à tout prix que la Russie tue des Ukrainiens, n’importe quel Ukrainien.

Les US veulent cela au point d’aider à provoquer la Russie pour qu’elle franchisse la frontière: l’ATO. Ils veulent que Moscou détruise la nation Russe de ses propres mains. Il n’y aurait pas de victimes américaines, le complex militaro-industriel y aurait bon compte, il suffirait d’un seul crime de guerre de la part de Putin.

Et alors, que cela fait non seulement de Putin, mais de la Russie dans son ensemble? Après tout, si la Russie envoie ses chars en Ukraine en 2014, le seul résultat serait du sang, et encore plus de sang. La Russie commettrait des crimes de guerre hideux, et le tribunal de La Haye préparerait le dossier.

Vous vous rappelez de la Yougoslavie, comment Milosevitch fut attiré dans le conflit, et comment cela s’est terminé. Les détracteurs ont-ils appris quoi que ce soit? Ainsi, Putin, qui sait exactement ce que les US veulent, utilise leur énergie à ses fins propres: les accords de Minsk.

Maintenant l’UE et les US sont tenus par la decision du Conseil de Sécurité, et ne peuvent pas fuir et laisser tomber l’Ukraine comme un jouet dont on ne veut plus. Ils ont à faire face à ce Frankenstein nazi qu’ils ont créé, tout en savant très bien qu’il est empoisonné. En même temps que Minsk, Putin fait autre chose.

En 2011 la Russie savait qu’intervenir en Libye aurait résulté en échec. Le Ministère de la Défense et leurs ordinateurs ont conclue: attendez, et frapper les US en Syrie.

Cela s’est traduit par un succès à 100%. Pourquoi? Parce que la Russie a été invitée en Syrie par son gouvernement. Et cela est une chose que les US ne peuvent pas changer. Et en un clin d’oeil le “couteau de l’armée suisse” fut déployé (S-400, Sukhoi, Pantsir S1, Tupolev etc.)

Rappelons que ceci a lieu au même moment où la Russie supporte le DPR/LPR [les républiques du Donbass] au mieux de ses possibilités, sans être attirée en Ukraine par les US. Autrement dit, la Russie frappe les US au coeur en Syrie, et immobilise le front parallèle en Ukraine.

Je ne mentionnerai pas Strelkov [volontaire Russe au Donbass, commandant les forces anti-Kiev à Slaviansk, au début de l’ATO], mais ce n’est pas une coïncidence que le Département d’État aime faire se louanges, et que ses patrons aime visiter la capitale [?] de la cinquième colonne en Russie. Ses actions heureusement échouèrent à attirer la Russie en Ukraine.

La Russie doit-elle être condamnée pour les cent mille victimes de la guerre du Donbass? Non, parce que si elle était intervenue de la manière voulue par ses détracteurs, ce nombre serait probablement autour d’un million, ou plus. Obama réussit à faire ce que nul autre président n’avait pu faire:

Enfoncer une cale dans la nation Russe, qui continue à saigner jusqu’à ce jour. Des Russes tuent des Russes au Donbass, partout en Ukraine, tous les jours. Chaque mort des forces armées  ukrainiennes ou des milices du Donbass, est une victoire pour les US.

Mais pour la Russie envoyer ses blindés à Kiev n’est pas la solution, parce que la Russie se comporterait alors comme les US (Iraq, Vietnam, Afghanistan, Japon etc.) raisonnant avec ses poings. Ce n’est pas la méthode Russe, comme l’armée rouge l’a si bien démontré.

On dit en sport que l’offensive gagne les matchs, mais la défensive gagne les tournois. Dans ce cas, S-400 plus les accords de Minsk conduiront à la victoire. Kiev respectent-ils les accords de Minsk? Non. Était-ce l’intention des signataires qu’il en soit autrement? Non.

Merkel, Hollande, Putin et Poroshenko, tous savaient qu’il n’y aurait pas de cessez le feu. En réalité, le but de ce document était de ralentir l’escalation, parce que l’Ouest avait besoin que les évènements de Syrie rattrapent ceux de l’Ukraine pour compenser la perte de Debaltsevo/Ilovaisk [défaite de l’armée ukrainienne au moment des négociations de Minsk]

La triste réalité est que l’Ukraine avait [tot ou tard] à faire face aux actions des UPA/OUN dans les années 40, à Volyn et Babi Yar [massacres de juifs et de partisans.] Il lui appartenait de résoudre ce problème, et les US pointaient cette bombe à retardement dans la direction de Moscou. Seuls les Ukrainiens eux-mêmes peuvent résoudre le dilemme.

Et c’est pourquoi les US investissent autant dans les media ukrainiens et les NGOs, pour empêcher la solution ukrainienne du problème, et empêcher le changement de la trajectoire centenaire et suicidaire vers la destruction commencée par les Petliura et Skoropadsky [politiciens ukrainiens au temps de la révolution russe]

Le temps démontrera que l’immobilisation du front ukrainien par la Russie, sa neutralisation comme arme des US, l’encouragement aux élites et bandéristes à s’entre dévorer, était le seule solution pour pouvoir sauver la nation Russe.

C’est pourquoi Putin insiste sur l’unité de l’Ukraine, avec les républiques du LPR/DNR continuant de faire partie de la structure interne de l’Ukraine sous un statut spécial: les NGO US et les bandéristes ne doivent pas avoir droit d’entrée dans la Fédération de Russie, et Moscou doit prouver à l’Ouest comment fonctionne le Droit International.

Lorsque les critiques de Moscou se font de nouveau entendre, puisque, apparemment, bombarder Kiev ou quelque sorte d’intervention doit arriver, la question s’impose: pouvez vous proposer une autre solution compatible avec les réalités des Relations Internationales à notre époque?

La réponse est d’habitude bal-bla-bla. Deux règles d’or: si vous n’êtes pas capable de faire un meilleur travail, fermez la! Si vous n’êtes pas engagés dans ce jeu, 2+2 devient soudainement 5.

Traduction française: Honoré Dupuis, qui porte la responsabilité pour toute erreur d’interprétation.

 

 

 

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‘Putin’s Russia’ or Russia’s Putin?

Mr Gordon M. Hahn is a voice of sanity in the moronic cacophony of US foreign policy!

Russian and Eurasian Politics

photo russia putin

by Gordon M. Hahn

Introduction

Western observers often use the term ‘Putin’s Russia’ in discussing developments in Russian politics, economics, society, and culture. This has become a ‘meme’ of sorts. Its use is usually an effort to imply the Russian political regime’s authoritarianism—relatively soft, in this author’s view—under Russian President Vladimir Putin. Raising the point of Putin’s authoritarianism in one’s work, preferably at the outset of any piece of writing, is requisite if one hopes to get published nowadays. The phrase ‘Putin’s Russia’ is often intended to lead the reader to make the inferences, such as ‘the Russia of Putin’, the ‘Russia that Putin controls’, ‘Putin controls Russia’, ‘Putin controls part (most) of Russian life’, or the preferable ‘Putin controls everything in Russia.’ However, but the real operational dynamic in the relationship between Putin and ‘his’ Russia is quite the reverse – ‘Russia’s Putin.’

Putin like most other Russians today…

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Jean-Pierre Chevènement: “Without Russia something is missing in Europe”

I am posting here a personal adaptation of Jean-Pierre Chevènement‘s interview with Le Figaro of March 8, 2014. The links in the article are not by the author, but my own commentary.

Andrei Rublev [Public domain or Public domain], via Wikimedia Commons
What outcome can you foresee for the Ukraine crisis?

In this sort of situation, one blows hot and cold in succession. A phase of de-escalation, at least verbal, appears to have been started by Vladimir Putin’s statement. He conducted an operation of ‘calculated posturing’, as the military says. What matters now is to define the axis of exit from this crisis. There is no longer any ideological or military reason for a new cold war in Europe. No-one has any interest in that. There is too much interdependence between us for not looking at the road for a durable resolution.

We are not taking that road currently…

From the start there was a big misunderstanding: the EU policy aimed at association with Ukraine, while raising expectations of membership, as Olli Rehn declared, cannot be realised in a sensible timeframe. Membership may not even be desirable. One should not have placed, and must not, place Ukraine in front of a manichean choice: either Russia, or the EU. That is an unsolvable dilemma for Ukraine, given her history. The reality of Ukraine is her diversity. In the East there are russophone populations, and in the West, uniate catholic communities, some of which were once part of Austro-Hungary. It is not sensible to expect a democratic equilibrium in Ukraine, with power alternating between East and West, as we have witnessed since 1991: Kravtchuk in 1991, Timochenko, then Ianukovitch. I see not reason why Ukraine could not become a federal state. It may be what Russia is leading at: that is no reason to disqualifying the proposal, if it makes good sense. As for Crimea, no-one could challenge that it is Russian, as the majority of her population. A substantial autonomy is in the natural order. As Charles de Gaulle once said: ‘There is no worthwhile politics outside realities’.

In your last book you wrote: ‘Without Russia, something is missing in Europe’…

Russia is a great European country. Her space stretches across Europe and Asia, but her people are unquestionably European. Something essential to our culture would go missing without the Russian novelists, Tolstoï, Dostoievski, without Tchekov’s plays, Diaghilev’s ballets, Tchaikovski’s music, Sutin’s painting. Moreover, France is well placed to know how much she owes to Russia: in 1914 we were lucky to have the Russian front buying us time to hold on to the Marne, and more so in WWII. We are in Russia’s debt for her immense sacrifices in breaking the back of nazi Germany. One cannot delete history at a stroke.

Is Russia a democracy?

For twenty two years Russia has been a state based on the rule of law, no doubt imperfectly so, but which comprises all the elements (necessary to) democratic development: political pluralism, freedom of expression – at least in the written press and on the Internet – elections that the opposition can win, as for example in Yekaterinburg, fourth city in the country, last September. The 1993 Constitution, still in force, has been adhered to; in France, twenty years after 1789, we had at least ‘consumed’ seven or eight (constitutions). One has to trust (the effects of) economic development, time, the rise of a middle class: democracy will develop from the Russian people themselves. The thesis of exporting democracy is dangerous: the ideology that states that the West must export its values, norms, standards, can only feed the lingering remains of the cold war. One always has to try and understand what’s in the head of ‘the other’: Russians believe that Westerners, particularly in the US, have not given up on ‘regime change’.

They haven’t forgotten Kosovo, Iraq, Libya etc. Russia defends her geopolitical interests, but she is not the USSR. That disappeared twenty three years ago. One must accept that each country evolves at her own pace and chooses her destiny. I always refer to Jacques Berque who said that every people must find in themselves, and in their motivations, reasons to borrow concepts that at first are foreign, but that those cannot be forced upon them.

Does Europe need Russia?

Since, on the other side, there is a project of euro-asian free trade, why not try and work this out in its entirety, from Brest to Vladivostok? That was the spirit of strategic partnership agreed between the EU and Russia in 2003: to create a vast free-trade area from the Atlantic to the Pacific. Since then there has been growth of interconnected interests: western investment, German and French, in Russia, as well as energy and industrial interdependence. One has to see how this can be developed further in a free trade space that must, of course, include Ukraine.

You have denounced also the ‘ambient Russophobia’…

Russia became a great country at the end of the eighteenth century, with Catherine the Great and Alexander I, as Napoleon found out at his cost. But Russia has long inspired fear. In Germany and the Anglo-Saxon world, there was political Russophobia, geopolitical rivalry between Great Britain and the Russian Empire, as shown in the nineteenth century by the war in Crimea and the ‘Great Game‘. Between the US and the USSR it was the Cold War, from 1917 to 1990.

Germany, in 1918 and 1941, was tempted to expand to the East, by pushing away the Slavs, an old pan-germanic thesis. That temptation has now fortunately disappeared and today German policies towards Russia are infinitely wiser.

In France there is an ideological Russophobia. It was defined in 1839 by the Marquis de Custine in his famous formula: ‘Siberia starts at the Vistula’. That Russophobia is deeply detrimental to the interest of our country, and to that of a peaceful Europe. In ‘Le monde’, for example, the historian Françoise Thom, wrote of a ‘civilisation choice’ about Ukraine: are we going back to Samuel Huntington‘s ‘clash of civilisations’ (1994)? If Bernard-Henri Lévy and a few others could resuscitate Joseph Stalin it would give them their ‘raison d’ être’!

How do you see Vladimir Putin?

After the economic collapse of Russia in the decade that followed the end of the USSR, when Russian GDP was halved, Putin improved that situation considerably (with average annual economic growth of 7% between 2000 and 2010). He has adopted policies that are socially appreciated. Paradoxically he has contributed to the rise of a middle class that is not particularly supportive to him. He has restored Russia’s international role. Russian public opinion appreciates him. In the main the French media project at best a reductive vision of the Russian reality. Certain things of course may shock us: gay propaganda towards minors is legally suppressed. This may be interpreted in many different ways. But we forget that thirty years ago, in France, interference with minors was more heavily sanctioned for homosexuals. That cannot be the sole benchmark to judge a country. Death penalty is not abolished in Russia, but there is a moratorium, and no executions. One cannot say the same of all countries, including some of our closest allies. A majority of the Russian people supports Vladimir Putin, and the opposition is divided. M. Navalny, leader of the opposition, received 28% of votes in Moscow.

Vladimir Putin likes to present himself as the inheritor of the European christian roots…

Are we in a confrontation between Eastern and Western christianities? In a poll, seventy four percent of Russians below the age of 30, were ignorant of the ‘filioque‘, the theological quarrel that led in 1054 to the schism between the Byzantine Church and the catholic Church of Rome. It was a question of knowing if the Holy Spirit proceeded from the Father, or from the Father and the Son. What surprises me is that 26% of young Russians still know what that was about! Russian society is more religious than ours: a simple walk though the basilicae of the Golden Ring shows the many worshippers, of all generations, praying fervently in front of the icons.

The truth is that Russia has an identity problem, now she has been pushed back to her sixteenth century borders, and that she sees NATO extended far beyond West Germany’s boundaries, contrary to the 1990 agreement. Russians remember that NATO wanted to include Georgia and Ukraine in 2006 – which France and Germany opposed. They consider that Russia’s status as great power would be threatened by NATO’s extension to these two countries. They probably exaggerate the threat, but they don’t enter easily into the western leaders’s reasoning. We have seen many of the same leaders, a few weeks back, posturing on Maidan square, making unreasonable speeches, and displaying themselves in the company of unsavoury characters. Was that sensible? The agreement concluded with Ianukovitch, countersigned by the three foreign ministers of Germany, France and Poland, was then emptied of substance. And one speaks of interference!

You speak in your book of the inevitability of a ‘variable geometry’ Europe, as the sole solution to managing a Union of twenty eight plus countries…

Why not linking the Euro – as a single or common currency – and the Rouble: Europe represents more than half Russian foreign trade. We have a strong interdependence for energy and economic growth: few French citizens know that more than a million cars built in Russia, or a third of the total production, are made by French automakers. Few people are aware of the scope of investments in the Yamal peninsula to exploit natural gas. Those are considerable investments, in which Total, among others, has a stake. Russia’s is a resurgent economy close to us, with Moscow a mere three hours from Paris. French businesses in Russia do not wish for this crisis to worsen.

And the American alliance?

We must maintain our alliance with the US, but an alliance does not equate with subordination. The 21st century cannot be reduced to a confrontation between China and the US. It is desirable that Europe organises herself to exist by herself. One must think of a ‘variable geometry’ Europe associating different countries, each choosing how it converges its policies toward a common European interest.

 For the past eight months Europe and the US have been negotiating a commercial agreement dubbed ‘Transatlantic Treaty‘, which aims at improving the conditions of free trade between the two Atlantic shores: do we have anything to gain from that agreement?

My fundamental criticism is that the Euro/Dollar exchange rate can vary in a 1 to 2 ratio. The Euro was at 82 cents in 2000, and $1.60 in 2006. So (in these conditions),what does the suppression of our custom duty (3 to 4%) and norms harmonisation mean?

Today the Euro is worth $1.40, a very high level for the French economy, which is not in (trade balance) surplus with the US like Germany’s. Behind that treaty is a US will to group all the countries of the Atlantic shores, as those of the Pacific, to isolate China.

There is then the will of some large multinational corporations to implant themselves in low-cost areas: Mexico, and even the US, for financial reasons.I cannot see what our country can gain from that.

What is your view of the sanctions decided last Thursday by the EU?

The European sanctions (against Russia) are a double-edged sword. They target all Russian nationals, contrary to the US measures targetted at the leadership, except Vladimir Putin… The only virtue I see is that they are easily reversed…