Al Qaeda

Geneva talks delay exposes (again) US links to terrorism

That truth is far too grim to admit to public knowledge and discussion. For such truth would indict Washington as a terror sponsor, answerable to international law. And so the Western media fulfill their assigned function –of concealing damning truth and keeping the public oblivious. That makes them equally complicit in the criminality of their government.

OffGuardian

By Finian Cunningham at the American Herald Tribune

As is often the case, you have to read between the lines to parse the truth about Syria –or indeed many other issues –as reported in the Western mainstream media. With a discerning eye the truth can be found. But that’s why it is played down, sanitized, half-told or frosted with banality. Because the truth is pretty shocking.

This week, UN-backed political talks were scheduled to begin in the Swiss city of Geneva between the Assad government and various so-called opposition groups. The talks did not take place as planned on Monday, January 25, and it is unclear if they will even go-ahead this week.

The stumbling block is finding agreement on which opposition groups are to be admitted to the negotiations. The Western news media won’t spell it out. But the main problem resides with the United States and Saudi Arabia…

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L’Etat islamique, cancer du capitalisme moderne

L’« Etat islamique » est un symptôme brutal de l’aggravation d’une crise de civilisation fondée sur la dépendance aux combustibles fossiles, qui porte atteinte à l’hégémonie occidentale et met à mal le pouvoir des Etats dans le monde musulman.

Le débat sur les origines de l’Etat islamique a largement oscillé entre deux points de vue extrêmes. Certains accusent l’Occident : l’Etat islamique n’est rien de plus qu’une réaction prévisible à l’occupation de l’Irak, un autre contrecoup de la politique étrangère occidentale. D’autres attribuent purement et simplement l’émergence de l’Etat islamique à la barbarie historique ou culturelle du monde musulman, dont les croyances et les valeurs médiévales arriérées sont un incubateur naturel de ce type d’extrémisme violent.

Alors que ce débat banal se poursuit d’un ton monotone, la plus grosse évidence que personne ne veut voir concerne les infrastructures matérielles. Tout le monde peut nourrir des pensées mauvaises, horribles ou dégoûtantes. Mais elles restent de simples fantasmes à moins que l’on ne trouve un moyen de les manifester concrètement dans le monde qui nous entoure.

Ainsi, pour comprendre comment l’idéologie qui anime l’Etat islamique a réussi à rassembler les ressources matérielles nécessaires pour conquérir un espace plus grand que le Royaume-Uni, nous devons inspecter de plus près son contexte matériel.

Suivez l’argent

Les fondements de l’idéologie d’al-Qaïda sont nés dans les années 1970. Abdallah Azzam, mentor palestinien d’Oussama ben Laden, a alors formulé une nouvelle théorie justifiant la poursuite d’une guerre continue et de faible intensité par des cellules moudjahidines déployées en faveur d’un Etat panislamiste. Les doctrines islamistes violentes d’Abdallah Azzam ont été popularisées dans le contexte de l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques.

Comme on le sait, les réseaux moudjahidines afghans ont été formés et financés sous la supervision de la CIA, du MI6 et du Pentagone. Les Etats du Golfe ont apporté des sommes d’argent considérables, tandis que l’Inter-Services Intelligence (ISI) pakistanais a assuré la liaison sur le terrain avec les réseaux militants coordonnés par Azzam, ben Laden et les autres.

L’administration Reagan a par exemple fourni 2 milliards de dollars aux moudjahidines afghans, complétés par un apport de 2 milliards de dollars de l’Arabie saoudite.

En Afghanistan, l’USAID a investi des millions de dollars pour fournir aux écoliers « des manuels remplis d’images violentes et d’enseignements islamiques militants », d’après le Washington Post. La théologie justifiant le djihad violent était entrecoupée de « dessins de fusils, de balles, de soldats et de mines ». Les manuels vantaient même les récompenses divines offertes aux enfants qui « arracheraient les yeux de l’ennemi soviétique et lui couperaient les jambes ».

Selon la croyance populaire, cette configuration désastreuse d’une collaboration entre l’Occident et le monde musulman dans le financement des extrémistes islamistes aurait pris fin avec l’effondrement de l’Union soviétique. Comme je l’ai expliqué lors d’un témoignage au Congrès un an après la sortie du rapport de la Commission du 11 septembre, cette croyance populaire est erronée.

Le chantage de la protection

Un rapport classifié des services de renseignement américains, révélé par le journaliste Gerald Posner, a confirmé que les Etats-Unis étaient pleinement conscients du fait qu’un accord secret avait été conclu en avril 1991 entre l’Arabie saoudite et ben Laden, alors en résidence surveillée. Selon cet accord, ben Laden était autorisé à quitter le royaume avec ses financements et partisans et à continuer de recevoir un soutien financier de la famille royale saoudienne à la seule condition qu’il s’abstienne de cibler et de déstabiliser le royaume d’Arabie saoudite lui-même.

Loin d’être des observateurs distants de cet accord secret, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne y ont participé activement.

L’approvisionnement massif de pétrole en provenance d’Arabie saoudite est au fondement de la santé et de la croissance de l’économie mondiale. Nous ne pouvions nous permettre d’être déstabilisés, et nous avons donc dû accepter ce compromis : pour protéger le royaume, il fallait le laisser financer ben Laden hors de ses frontières.

Comme l’historien britannique Mark Curtis le décrit minutieusement dans son livre sensationnel, Secret Affairs: Britain’s Collusion with Radical Islam, les gouvernements des Etats-Unis et du Royaume-Uni ont continué de soutenir secrètement des réseaux affiliés à al-Qaïda en Asie centrale et dans les Balkans après la guerre froide, et ce pour les mêmes raisons que précédemment, à savoir la lutte contre l’influence russe, et désormais chinoise, afin d’étendre l’hégémonie américaine sur l’économie capitaliste mondiale. L’Arabie saoudite, première plate-forme pétrolière du monde, est restée l’intermédiaire de cette stratégie anglo-américaine irréfléchie.

En Bosnie

Curtis relate qu’un an après l’attentat du World Trade Center de 1993, Oussama ben Laden a ouvert un bureau dans le quartier de Wembley, à Londres, sous le nom d’« Advice and Reformation Committee », depuis lequel il a coordonné des activités extrémistes dans le monde entier.

Vers la même époque, le Pentagone a acheminé par avion des milliers de moudjahidines d’al-Qaïda de l’Asie centrale vers la Bosnie, violant ainsi l’embargo sur les armes imposé par l’ONU, selon des fichiers des services de renseignement néerlandais. Ces combattants étaient accompagnés par les forces spéciales américaines. Le « cheikh aveugle » qui a été condamné pour l’attentat du World Trade Center était profondément impliqué dans le recrutement et l’envoi de combattants d’al-Qaïda en Bosnie.

En Afghanistan

A partir de 1994 environ et jusqu’au 11 septembre, les services de renseignement militaire américains ainsi que la Grande-Bretagne, l’Arabie saoudite et le Pakistan, ont secrètement fourni des armes et des fonds aux talibans, qui abritaient al-Qaïda.

En 1997, Amnesty International a déploré l’existence de « liens politiques étroits » entre la milice talibane en place, qui venait de conquérir Kaboul, et les Etats-Unis. Le groupe de défense des droits de l’homme a fait référence à des comptes-rendus crédibles « sur les madrasas (écoles religieuses) fréquentées par les talibans au Pakistan », indiquant que « ces liens peuvent avoir été établis au commencement même du mouvement taliban ».

Amnesty a rapporté que ces comptes-rendus provenaient de Benazir Bhutto, alors Première ministre du Pakistan ; cette dernière, aujourd’hui décédée, avait « affirmé que les madrasas avaient été mises en place par la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et le Pakistan au cours du djihad, la résistance islamique contre l’occupation de l’Afghanistan par les Soviétiques ». Sous la tutelle américaine, l’Arabie saoudite continuait de financer ces madrasas.

Les manuels rédigés par le gouvernement américain afin d’endoctriner les enfants afghans avec l’idéologie du djihad violent pendant la guerre froide furent alors approuvés par les talibans. Ils furent intégrés au programme de base du système scolaire afghan et largement utilisés dans les madrasas militantes pakistanaises financées par l’Arabie saoudite et l’ISI pakistanaise avec le soutien des Etats-Unis.

Les administrations Clinton et Bush espéraient se servir des talibans pour établir un régime fantoche dans le pays, à la manière de leur bienfaiteur saoudien. L’espoir vain et manifestement infondé était qu’un gouvernement taliban assure la stabilité nécessaire pour installer un pipeline trans-afghan (TAPI) acheminant le gaz d’Asie centrale vers l’Asie du Sud, tout en longeant la Russie, la Chine et l’Iran.

Ces espoirs ont été anéantis trois mois avant le 11 septembre, lorsque les talibans ont rejeté les propositions américaines. Le projet TAPI a ensuite été bloqué en raison du contrôle intransigeant de Kandahar et Quetta par les talibans ; toutefois, ce projet est désormais en cours de finalisation sous la direction de l’administration Obama.

Au Kosovo

Mark Curtis indique que l’OTAN a continué de parrainer les réseaux affiliés à al-Qaïda au Kosovo à la fin des années 1990, lorsque les forces spéciales américaines et britanniques ont approvisionné en armes et formé les rebelles de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK), parmi lesquels figuraient des recrues moudjahidines. Ces effectifs comptaient une cellule rebelle dirigée par Mohammed al-Zaouahiri, frère du bras droit de ben Laden, Ayman al-Zaouahiri, qui est désormais le leader d’al-Qaïda.

Dans la même période, Oussama ben Laden et Ayman al-Zaouahiri ont coordonné les attentats de 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie depuis le bureau de ben Laden à Londres.

Il y avait toutefois quelques bonnes nouvelles : les interventions de l’OTAN dans les Balkans, conjuguées à la désintégration de la Yougoslavie socialiste, ont ouvert la voie à l’intégration de la région dans l’Europe occidentale, à la privatisation des marchés locaux et à l’établissement de nouveaux régimes en faveur du projet de pipeline trans-Balkans, destiné à transporter le pétrole et le gaz d’Asie centrale vers l’Occident.

Une réorientation de la politique au Moyen-Orient

Même après les attentats du 11 septembre 2001 et du 7 juillet 2005, la dépendance des Américains et des Britanniques aux combustibles fossiles bon marché pour soutenir l’expansion capitaliste mondiale les a poussés à approfondir cette alliance avec les extrémistes.

Vers le milieu de la dernière décennie, les services de renseignement militaire anglo-américains ont commencé à superviser les financements apportés par les Etats du Golfe, menés une fois de plus par l’Arabie saoudite, aux réseaux extrémistes islamistes à travers le Moyen-Orient et l’Asie centrale pour contrer l’influence chiite iranienne dans la région. Parmi les bénéficiaires de cette entreprise figuraient des groupes militants et extrémistes affiliés à al-Qaïda de l’Irak au Liban en passant par la Syrie, soit un véritable arc du terrorisme islamiste.

Une fois de plus, les militants islamistes furent involontairement entretenus en tant qu’agents de l’hégémonie américaine face aux rivaux géopolitiques émergeants.

Comme Seymour Hersh l’a révélé dans le New Yorker en 2007, cette « réorientation » de la politique consistait à affaiblir non seulement l’Iran, mais aussi la Syrie, où les largesses des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite ont contribué à soutenir les Frères musulmans syriens, entre autres groupes d’opposition. Evidemment, l’Iran et la Syrie étaient étroitement alignés avec la Russie et la Chine.

En Libye

En 2011, l’intervention militaire de l’OTAN pour renverser le régime de Kadhafi a emboîté le pas au soutien important apporté à des mercenaires libyens, qui étaient en fait des membres de la branche officielle d’al-Qaïda en Libye. La France se serait vu proposer le contrôle de 35 % des ressources pétrolières de la Libye en échange de son soutien aux insurgés.

Après l’intervention, les géants pétroliers européens, britanniques et américains étaient « parfaitement prêts à tirer profit » des « opportunités commerciales », d’après David Anderson, professeur à l’université d’Oxford. Les contrats juteux signés avec les membres de l’OTAN ont pu « libérer l’Europe occidentale de l’emprise des producteurs russes qui pratiquent des prix élevés et dominent actuellement leur approvisionnement en gaz ».

Des rapports secrets établis par les services de renseignement ont montré que les rebelles soutenus par l’OTAN entretenaient des liens étroits avec al-Qaïda. La CIA s’est également servie des militants islamistes en Libye pour acheminer des armes lourdes aux rebelles du pays.

Un rapport de 2009 des services de renseignement canadiens décrit le bastion rebelle de l’est de la Libye comme un « épicentre de l’extrémisme islamiste », à partir duquel « les cellules extrémistes » ont agi dans la région. Selon David Pugliese, dont les propos sont repris dans l’Ottawa Citizen, c’est cette même région qui était « défendue par une coalition de l’OTAN dirigée par le Canada ». D’après David Pugliese, le rapport des services de renseignement a confirmé que « plusieurs groupes d’insurgés islamistes » étaient basés dans l’est de la Libye et que beaucoup de ces groupes ont également « exhorté leurs partisans à combattre en Irak ». Les pilotes canadiens plaisantaient même en privé, se disant qu’ils faisaient partie de l’armée de l’air d’al-Qaïda « dans la mesure où leurs missions de bombardement ont contribué à ouvrir la voie aux rebelles alignés avec le groupe terroriste ».

Selon Pugliese, les spécialistes des services de renseignement canadiens ont envoyé un rapport prémonitoire à l’attention des officiers supérieurs de l’OTAN en date du 15 mars 2011, quelques jours seulement avant le début de l’intervention. « Il est de plus en plus possible que la situation en Libye se transforme en une guerre tribale/civile à long terme, était-il écrit. Cela est particulièrement probable si les forces d’opposition reçoivent une assistance militaire de la part d’armées étrangères. »

Comme nous le savons, l’intervention a quand même eu lieu.

En Syrie

Au cours des cinq dernières années au moins, l’Arabie saoudite, le Qatar, les Emirats arabes unis, la Jordanie et la Turquie ont tous apporté un soutien financier et militaire considérable à des réseaux militants islamistes liés à al-Qaïda qui ont engendré l’« Etat islamique » que nous connaissons aujourd’hui. Ce soutien a été apporté dans le cadre d’une campagne anti-Assad de plus en plus intense dirigée par les Etats-Unis.

La concurrence pour dominer les tracés potentiels des pipelines régionaux passant par la Syrie et contrôler les ressources inexploitées en combustibles fossiles en Syrie et en Méditerranée orientale (au détriment de la Russie et de la Chine) a fortement contribué à motiver cette stratégie.

Roland Dumas, ancien ministre français des Affaires étrangères, a révélé qu’en 2009 les responsables du ministère britannique des Affaires étrangères lui avaient indiqué que les forces britanniques étaient déjà actives en Syrie pour tenter de fomenter la rébellion.

L’opération qui se poursuit actuellement a été étroitement contrôlée dans le cadre d’un programme secret toujours en cours, coordonné conjointement par les services de renseignement militaire américains, britanniques, français et israéliens. Des rapports publics confirment qu’à la fin de l’année 2014, le soutien apporté par les Etats-Unis aux combattants luttant contre Assad s’élevait, à lui seul, à environ 2 milliards de dollars.

Ce soutien aux extrémistes islamistes est communément considéré comme une erreur, et les faits parlent d’eux-mêmes. D’après des évaluations classifiées de la CIA, les services de renseignement américains savaient que le soutien apporté aux rebelles anti-Assad dirigé par les Etats-Unis à travers ses alliés au Moyen-Orient a toujours fini entre les mains des extrémistes les plus virulents. Toutefois, il a continué.

L’année précédant le lancement de la campagne de l’Etat islamique pour conquérir l’intérieur de l’Irak, les responsables du Pentagone étaient également conscients que la grande majorité des rebelles « modérés » de l’Armée syrienne libre (ASL) étaient en fait des militants islamistes. Ainsi que l’ont reconnu les responsables, il était de plus en plus impossible d’établir une frontière fixe entre les rebelles dits « modérés » et les extrémistes liés à al-Qaïda ou à l’Etat islamique en raison de la fluidité des interactions existant entre ces deux composantes.

De plus en plus, les combattants frustrés de l’ASL ont rejoint les rangs des militants islamistes en Syrie, non pas pour des raisons idéologiques mais simplement en raison de leur plus grande puissance militaire. Jusqu’à présent, la quasi-totalité des groupes rebelles « modérés » formés et récemment armés par les Etats-Unis sont en cours de dissolution et de défection, et leurs membres n’en finissent plus de passer du côté d’al-Qaïda et de l’Etat islamique dans la lutte contre Assad.

En Turquie

Grâce à un nouvel accord avec la Turquie, les Etats-Unis coordonnent actuellement l’approvisionnement continu en aide militaire aux rebelles « modérés » pour combattre l’Etat islamique. Pourtant, ce n’est un secret pour personne que pendant toute cette période, la Turquie a directement parrainé al-Qaïda et l’Etat islamique dans le cadre d’une manœuvre géopolitique destinée à écraser les groupes d’opposition kurdes et à faire tomber Assad.

On a fait grand cas des efforts « relâchés » de la Turquie pour empêcher la traversée de son territoire par les combattants étrangers souhaitant rejoindre l’Etat islamique en Syrie. Ankara a récemment répondu en annonçant avoir arrêté plusieurs milliers d’entre eux.

Ces affirmations sont imaginaires : la Turquie a délibérément abrité et acheminé le soutien apporté à l’Etat islamique et à al-Qaïda en Syrie.

L’été dernier, le journaliste turc Denis Kahraman a interviewé un combattant de l’Etat islamique recevant un traitement médical en Turquie ; ce dernier lui a dit : « La Turquie nous a ouvert la voie. Si la Turquie n’avait pas fait preuve d’autant de compréhension à notre égard, l’Etat islamique n’en serait pas là où il en est actuellement. Elle [La Turquie] a manifesté de l’affection à notre égard. Un grand nombre de nos moudjahidines [djihadistes] ont reçu un traitement médical en Turquie. »

Plus tôt cette année, des documents officiels de l’armée turque (le Commandement général de la gendarmerie) divulgués en ligne et authentifiés ont révélé que les services de renseignement turcs (MIT) avaient été surpris par des officiers militaires à Adana alors qu’ils étaient en train de transporter par camions des missiles, mortiers et munitions anti-aériennes « à destination de l’organisation terroriste al-Qaïda » en Syrie.

Les rebelles « modérés » de l’ASL sont impliqués dans le réseau de soutien turco-islamiste parrainé par le MIT. L’un d’eux a expliqué au Telegraph qu’il « gère désormais des refuges en Turquie hébergeant des combattants étrangers qui cherchent à rejoindre le Front al-Nosra et [l’Etat islamique] ».

Des responsables politiques ont cherché à attirer l’attention sur ce sujet, en vain. L’année dernière, Claudia Roth, vice-présidente du parlement allemand, a fait part de sa consternation face au fait que l’OTAN autorise la Turquie à abriter un camp de l’Etat islamique à Istanbul, à faciliter les transferts d’armes à destination de militants islamistes à travers ses frontières, et à soutenir tacitement les ventes de pétrole de l’Etat islamique. Rien ne s’est passé.

La coalition menée par les Etats-Unis contre l’Etat islamique finance l’Etat islamique

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ne sont pas seulement restés étrangement silencieux face à la complicité de leur partenaire de coalition qui parraine l’ennemi. Au contraire, ils ont renforcé leur partenariat avec la Turquie et coopèrent âprement avec ce même Etat-mécène de l’Etat islamique pour former les rebelles « modérés » afin de lutter contre l’Etat islamique.

Ce n’est pas uniquement la Turquie qui est en cause. L’année dernière, le vice-président américain Joe Biden a indiqué lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche que l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Qatar et la Turquie, entre autres, fournissaient « des centaines de millions de dollars et des dizaines de milliers de tonnes d’armes » aux « éléments djihadistes extrémistes du Front al-Nosra et d’al-Qaïda » dans le cadre d’une « guerre par procuration entre sunnites et chiites ». Biden a ajouté qu’il était impossible, à tous égards, d’identifier les rebelles « modérés » en Syrie.

Rien n’indique que ce financement s’est épuisé. Pas plus tard qu’en septembre 2014, alors même que les Etats-Unis ont commencé à coordonner les frappes aériennes contre l’Etat islamique, les responsables du Pentagone ont révélé qu’ils savaient que leurs propres alliés de la coalition finançaient toujours l’Etat islamique.

Ce même mois, le général Martin Dempsey, chef d’Etat-major des armées des Etats-Unis, a été interrogé par le sénateur Lindsay Graham lors d’une audience du Comité des forces armées du Sénat. Quand ce dernier lui a demandé s’il connaissait « un allié majeur arabe qui embrasse l’idéologie de [l’Etat islamique] », l’intéressé a répondu : « Je connais des alliés arabes majeurs qui les financent. »

Malgré cela, le gouvernement américain n’a pas seulement refusé de sanctionner les alliés en question, mais les a récompensés en les incluant dans la coalition qui est censée combattre cette même entité extrémiste qu’ils financent. Pire encore, ces mêmes alliés continuent de se voir accorder une grande marge de manœuvre dans la sélection des combattants appelés à être formés.

Des membres clés de notre coalition contre l’Etat islamique bombardent l’Etat islamique par la voie aérienne tout en parrainant le groupe en coulisses au vu et au su du Pentagone.

L’arc des Etats musulmans défaillants

En Irak et en Syrie, où l’Etat islamique est né, l’état de dévastation dans lequel la société se trouve suite à une situation de conflit prolongé ne peut être sous-estimé. L’invasion militaire et l’occupation de l’Irak par l’Occident, avec leur lot de torture et de violence aveugle, ont joué un rôle indéniable pour ouvrir la voie à l’émergence d’une politique réactionnaire extrême. Avant l’intervention occidentale, al-Qaïda était totalement absent du pays. En Syrie, la guerre brutale menée par Assad contre son propre peuple continue de justifier la présence de l’Etat islamique et d’attirer des combattants étrangers.

L’apport continu aux réseaux islamistes extrémistes d’importantes sommes d’argent et de ressources matérielles à hauteur de centaines de milliards de dollars (que personne n’a encore été en mesure de quantifier dans leur totalité), coordonné par cette même interconnexion entre gouvernements occidentaux et musulmans, a eu un impact profondément déstabilisant au cours du dernier demi-siècle. L’Etat islamique est l’aboutissement post-moderne surréaliste de cette histoire sordide.

La coalition occidentale contre l’Etat islamique dans le monde musulman se compose de régimes répressifs dont les politiques nationales ont creusé les inégalités, écrasé les dissensions légitimes, torturé des activistes politiques pacifiques et attisé des rancunes profondes. Ce sont ces mêmes alliés qui ont financé l’Etat islamique, et qui continuent de le faire, au vu et au su des services de renseignement occidentaux.

Ce, malgré l’escalade de crises convergentes qui sévissent dans la région depuis une décennie. Le professeur Bernard Haykel, de l’université de Princeton, s’est exprimé à ce sujet : « Je vois l’Etat islamique comme un symptôme d’un ensemble structurel de problèmes beaucoup plus profonds dans le monde arabe sunnite… [C’est] lié à la politique. A l’éducation et notamment au manque d’éducation. A l’autoritarisme. A l’intervention étrangère. Au fléau du pétrole… Je pense que même si l’Etat islamique venait à disparaître, les causes sous-jacentes qui sont à l’origine de l’Etat islamique ne disparaîtraient pas. Et ces causes devraient être abordées par des politiques, des réformes et des changements menés sur plusieurs décennies non seulement par l’Occident, mais aussi par les sociétés arabes. »

Pourtant, comme nous l’avons vu avec le Printemps arabe, ces problèmes structurels ont été exacerbés par une véritable tempête de crises politiques, économiques, énergétiques et environnementales interdépendantes, toutes couvées par l’aggravation de la crise du capitalisme mondial.

Dans une région en proie à des sécheresses prolongées, à une défaillance de l’agriculture, à une chute des revenus pétroliers due au pic pétrolier local, à la corruption et à une mauvaise gestion économique aggravées par l’austérité néolibérale, et ainsi de suite, les Etats locaux ont commencé à s’effondrer. De l’Irak à la Syrie, de l’Egypte au Yémen, c’est cette même interconnexion entre des crises climatiques, énergétiques et économiques qui défait les gouvernements en place.

L’aliénation en Occident

Bien que l’Occident soit beaucoup plus résistant à ces crises mondiales interconnectées, les inégalités persistantes aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Europe de l’Ouest, qui ont un effet disproportionné sur les minorités ethniques, les femmes et les enfants, s’aggravent.

En Grande-Bretagne, près de 70 % des musulmans issus d’ethnies d’Asie du Sud et près de deux tiers de leurs enfants vivent dans la pauvreté. Un peu moins de 30 % des jeunes musulmans britanniques âgés de 16 à 24 ans sont sans emploi. Selon Minority Rights Group International, la situation des musulmans britanniques en termes d’« accès à l’éducation, à l’emploi et au logement » s’est détériorée au cours des dernières années au lieu de s’être améliorée. Cette dégradation a été accompagnée d’une « augmentation inquiétante de l’hostilité ouverte » exprimée par les communautés non-musulmanes et d’une propension croissante des services de police et de sécurité à cibler de manière disproportionnée les musulmans en vertu de l’autorité qui leur est conférée dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Les reportages constamment négatifs diffusés par les médias sur les musulmans, auxquels s’ajoutent les frustrations légitimes provoquées par une politique étrangère agressive et trompeuse dans le monde musulman, créent chez les musulmans britanniques un sentiment d’exclusion sociale associé à leur identité.

C’est l’ensemble de ces facteurs qui a un effet destructeur sur la formation de l’identité, et non chacun de ces facteurs pris séparément. Observés seuls, la pauvreté, la discrimination, les reportages négatifs sur les musulmans, et ainsi de suite, ne permettent pas nécessairement de rendre une personne vulnérable à la radicalisation. Toutefois, conjointement, ces facteurs peuvent forger un attachement à une identité marquée par l’aliénation, la frustration et l’échec.

La persistance de ces problèmes et leur interaction peuvent contribuer à la façon dont les musulmans de Grande-Bretagne issus de divers horizons commencent à se voir en tant que tout. Dans certains cas, cela peut générer un sentiment ancré de séparation, d’aliénation et de désillusion par rapport à la société en général. L’effet de cette identité d’exclusion sur un individu dépendra de l’environnement spécifique, des expériences et des choix de l’individu en question.

Les crises sociales prolongées peuvent jeter les bases du développement d’idéologies destructrices et xénophobes. Ces crises ébranlent les mœurs traditionnelles de certitude et de stabilité enracinées dans les notions établies d’identité et d’appartenance.

Alors que les musulmans vulnérables pourraient se tourner vers la culture des gangs ou, pire, vers l’extrémisme islamiste, les non-musulmans vulnérables pourraient adopter leur propre identité d’exclusion liée à des groupes extrémistes comme la Ligue de défense anglaise, ou d’autres réseaux d’extrême-droite.

Chez les groupes d’élites plus puissants, le sentiment de crise peut enflammer les idéologies néoconservatrices militaristes qui épurent les structures du pouvoir en place, justifient le statu quo, défendent le système déficient qui soutient leur pouvoir, et diabolisent les mouvements progressistes et ceux des minorités.

Dans ce maelström, l’injection de milliards de dollars au sein de réseaux extrémistes islamistes ayant un penchant pour la violence au Moyen-Orient donne du pouvoir à des groupes qui, auparavant, ne disposaient pas de soutiens locaux.

Alors que plusieurs crises convergent et s’intensifient tout en compromettant la stabilité de l’Etat et en attisant de plus grandes frustrations, cet apport massif de ressources dont bénéficient les idéologues islamistes est susceptible d’attirer dans le vortex de l’extrémisme xénophobe les individus en colère, aliénés et vulnérables. Ce processus se conclue par la création de monstres.

Une déshumanisation

Tandis que ces facteurs ont élevé à un niveau critique cette vulnérabilité régionale, le rôle joué par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne après le 11 septembre 2001 dans la coordination du financement secret fourni par les Etats du Golfe aux militants islamistes extrémistes à travers la région a jeté de l’huile sur le feu.

Les liens dont disposent ces réseaux islamistes en Occident signifient que les services de renseignement nationaux ont périodiquement fermé les yeux sur leurs disciples et infiltrés dans leur propre pays, ce qui a permis à ces derniers de croître, recruter et envoyer les candidats au djihad à l’étranger.

C’est pourquoi la composante occidentale de l’Etat islamique, bien que beaucoup plus petite que le contingent de combattants qui rallient le groupe depuis les pays voisins, reste largement imperméable à tout débat théologique significatif. Ils ne sont pas mus par la théologie, mais par l’insécurité d’une identité et d’un psychisme fracturés.

C’est ici, dans les méthodes de recrutement minutieusement calibrées de l’Etat islamique et des réseaux qui soutiennent l’organisation en Occident, que nous pouvons voir que le processus d’endoctrinement psychologique s’est affiné à travers les années grâce aux formations menées sous la tutelle des services de renseignement occidentaux. Ces services de renseignement ont en effet toujours été intimement impliqués dans l’élaboration d’outils violents d’endoctrinement islamiste.

Dans la plupart des cas, le recrutement de l’Etat islamique se fait en exposant les individus à des vidéos de propagande soigneusement élaborées, développées au moyen de méthodes de production avancées, et dont les plus efficaces sont remplies d’images réelles de massacres perpétrés par la puissance de feu occidentale contre les civils irakiens, afghans et palestiniens, ou par Assad contre les civils syriens.

L’exposition constante à ces scènes horribles d’atrocités perpétrées par l’Occident et la Syrie peut souvent avoir un effet similaire à ce qui pourrait arriver si ces scènes avaient été vécues directement, à savoir une forme de traumatisme psychologique qui peut même entraîner un stress post-traumatique.

Ces techniques de propagande sectaire contribuent à attiser des émotions accablantes de choc et de colère, qui à leur tour servent à anéantir la raison et à déshumaniser l’« Autre ». Le processus de déshumanisation est concrétisé à l’aide d’une théologie islamiste pervertie. Ce qui importe, ce n’est pas l’authenticité de cette théologie, mais sa simplicité. Cette théologie peut faire des merveilles sur un psychisme traumatisé par des visions de morts massives et dont la capacité à raisonner est immobilisée par la rage.

C’est pourquoi le recours à une littéralité poussée à l’extrême et à une décontextualisation complète est une caractéristique si commune aux enseignements islamistes extrémistes : en effet, pour un individu crédule ayant une faible connaissance de l’érudition islamique, à première vue tout cela semble vrai sur le plan littéral.

Basées sur des décennies d’interprétation erronée et sélective des textes islamiques par les idéologues militants, les sources sont soigneusement extraites et triées sur le volet pour justifier le programme politique du mouvement : un règne tyrannique, des massacres massifs et arbitraires, l’assujettissement et l’asservissement des femmes, et ainsi de suite ; des éléments qui deviennent tous partie intégrante de la survie et de l’expansion de l’« Etat ».

Etant donné que la fonction principale de l’introduction du raisonnement théologique islamiste extrême est de légitimer la violence et de sanctionner la guerre, celui-ci est conjugué à des vidéos de propagande qui promettent ce dont la recrue vulnérable semble manquer, à savoir la gloire, la fraternité, l’honneur et la promesse du salut éternel, peu importent les crimes ou délits pouvant avoir été commis par le passé.

Si vous ajoutez à cela la promesse du pouvoir (le pouvoir sur leurs ennemis, le pouvoir sur les institutions occidentales censées avoir éliminé leurs frères et sœurs musulmans, le pouvoir sur les femmes), ainsi qu’un habit religieux et des revendications de piété suffisamment convaincants, alors les sirènes de l’Etat islamique peuvent devenir irrésistibles.

Cela signifie que l’idéologie de l’Etat islamique n’est pas le facteur déterminant de son éclosion, de son existence et de son expansion, bien qu’il soit important de la comprendre et de la réfuter. L’idéologie est simplement l’opium du peuple dont il se nourrit et nourrit ses potentiels disciples.

En fin de compte, l’Etat islamique est un cancer du capitalisme industriel moderne en plein effondrement, un sous-produit fatal de notre dépendance inébranlable à l’or noir, un symptôme parasitaire de l’escalade des crises de civilisation qui secouent à la fois le monde musulman et le monde occidental. Tant que l’on ne s’attaque pas aux racines de ces crises, l’Etat islamique et ses semblables ne sont pas prêts de disparaître.

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“In the course of the last 24 hours, aircraft of the Russian air group in the Syrian Arab Republic have continued making pinpoint strikes against ISIS infrastructural facilities”

From Russian Ministry of Defence, Syria Air Group, 19 October 2015

#RussiaVsISILIn the course of the last 24 hours, aircraft of the Russian air group in the Syrian Arab Republic have continued making pinpoint strikes against ISIS infrastructural facilities.

Russian aviation performed 33 combat sorties from the Hmeymim airbase engaging 49 ISIS facilities in the Aleppo, Damascus, Idlib, Lattakia and Hama provinces.

During the last 24 hours, the strikes of the Russian aviation resulted in elimination of the following targets:

  • 2 command centres of illegal armed groups;
  • 3 depots with ammunition and armament;
  • 2 underground bunkers;
  • 32 firing positions in mountain-woody areas;
  • 9 fortified firing positions of illegal armed groups;
  • a workshop used for production of launching ramps and rocket projectiles.

During an air reconnaissance mission near Al-Ess (Idlib province), Russian UAVs uncovered a command centre of one of the Jabhat al-Nusra units.

After additional reconnaissance check through other channels, a Su-24 bomber made an airstrike against the object. The hit of an air bomb resulted in destruction of the command centre and 2 trucks equipped with AA artillery systems ZU-23 near it.

Near Jubb al-Zarus (Hama province), a Su-34 bomber made an airstrike with guided bombs on underground shelters with a branched network of exits in different parts of the inhabited area. The direct hits of air bombs destroyed the complex of underground terrorist facilities.

Near Djdayda settlement (Aleppo province), Su-25 attack aircraft eliminated a workshop used for production of self-made rockets. The equipped facility manufactured single-use launching ramps and rockets for distant fire at Syrian Armed Forces’ positions and inhabited areas. The direct hit of an air bomb resulted in detonation of explosives and destruction of the whole facility.

Near Duwayr al-Akrad (Lattakia province), a pair of Su-25 attack aircraft made two successive strikes with high-explosive bombs on a large ISIS training camp detected by means of Russian reconnaissance. The strikes caused complete destruction of the camp and all the training facilities.

Precision strikes of the Russian combat aviation in the Damascus province have crucially changed the operational situation in this region.

The ISIS militants suffering a severe lack of ammunition are leaving their positions in large numbers.

Last night, reconnaissance means registered retreating of several large detachments, about 100-man-strong each, in direction of Marj al-Sultan.

After combat task performance, all the Russian aircraft have returned to the Hmeymim airbase.

“The Peace of Illusions, American Grand Strategy from 1940 to the Present” – Christopher Layne

We are defending a way of life and must be respectful of it as we proceed in our problem of building up strength, not only as not to violate its principles and precepts, but also not to destroy from within what we are trying to defend from without.” –  Pdt. Dwight Eisenhower, North Atlantic Council Meeting, April 24, 1953

Among precautions against ambitions, it may not be amiss to take one precaution against our own. I must fairly say, I dread our own power and our own ambition; I dread our being too much dreaded… It is ridiculous to say we are not men, and that, as men we shall never wish to aggrandise ourselves in some way or other… we may say that we shall not abuse this astonishing and hitherto unheard of power. But every other nation will think we shall abuse it. It is impossible but that, sooner or later, this state of things must produce a combination against us which may end in our ruin.” – Edmund Burke, “Remarks on the Policy of the Allies with Respect to France”, 1791

Edmund BurkeIn his compelling study of “American Foreign Policy and its Thinkers” Perry Anderson observes that “At every stage of American imperial expansion, from the nineteenth century onwards, there was a scattering of eloquent voices of domestic opposition, without echo in the political system. Strikingly, virtually everyone of the most powerful critiques of the new course of empire came from writers of a conservative, not radical, background… Christopher Layne, holder of the Robert Gates Chair in Intelligence and National Security at the George Bush School of Government and Public Services at Texas A&M, has developed the most trenchant realist critique of the overall arc of American action from the Second World War into and after the Cold War – a fundamental work.”

We believe that for any serious student of American Foreign Policy, this work has its place next to Nicholas Spykman’s “America’s Strategy in World Politics”, Schurmann’s “The Logic of World Power”, Arrighi’s “The Long Twentieth Century”, and Paul Kennedy’s “The Rise and Fall of the Great Powers”. In two hundred pages of densely researched analysis, Mr. Layne deconstructs the logic of a US foreign policy born from Wilsonian ideology, in the aftermath of the Great War, and from the unmovable belief in the economic and political necessity of the “Open Door”. The latter “posits that closure abroad – either economic or ideological – would endanger the safety of America’s core values by forcing the United States to adopt regimented economic policies and to become a garrison state.” The book is, fundamentally, about US hegemony. Its conclusion is that, since the early 1940s, the US has pursue a grand strategy of extra regional hegemony which, as many others in history, will prove self-defeating, as they result in “counter hegemonic balancing and imperial overstretch”.

To my generation, born in the decade that followed WWII, the overwhelming political reality of our world was the Cold War. By contrast, Layne shows that, despite their role in US foreign policy, the Cold War and the Soviet “threat”, were, strategically, secondary, and far more relevant to Western European would-be great powers, inasmuch as that perceived threat made Europe more willing (less unwilling?) to accept American continued dominance, well after it had recovered from the war. The bipolar world that prevailed from 1945 until 1991, and the implosion of the USSR, did not determine US policy but hegemonic ambition and the Open Door imperative did. The evidence is clear to see today: the fall of the USSR, and thus the disappearance of the “Soviet threat”, have left US policy unchanged, NATO bigger than ever, and a massive US military presence in East Asia, central Europe and the Middle East. Since 1991, wars have been fought, at enormous costs, in order to maintain US hegemony and control (aka “protection”) of its “allies”.

One of the risks Layne identifies in current US policy, for America itself, is that of being drawn into Eurasian conflicts, in the name of its client states (South-Korea, Japan, the new NATO members in central Europe) which he considers to be secondary to American interests. On the nature of US strategic interests, it is only in the conclusion, that Layne touches on the complex subject of who really profits from current policies, given the catastrophic impact of those policies on the US economy and indebtedness. The present ideology has transformed the US, if not in a garrison state, but a national security state, characterised by “the expansion of state power, the accretion of power in the imperial presidency (and the concomitant diminution of congressional authority in the realm of foreign affairs), the decay of traditional social institutions, and a general coarsening of public discourse.”

“Dominant elites do not hijack the state; they are the state. The United States has pursued hegemony because that grand strategy’s served the interests of the dominant elites that have formed the core of the US foreign policy establishment since at least the late 1930s, when the New Deal resulted  in the domestic political triumph of… “multinational liberalism”. At the core of the multinational liberal coalition were the large capital-intensive corporations that looked at overseas markets and outward-looking investment banks.” What chance has the alternative strategy, offshore balancing and a gradual withdraw of the US military presence in Eurasia and the Middle-East, advocated by Layne and the modern days realists?

“Unless it undergoes a Damascene-like intellectual conversion, as long as the present foreign policy elite remains in power the United States will remain wedded to a hegemonic grand strategy. It probably will take a major domestic political realignment – perhaps triggered by setbacks abroad or a severe economic crisis at home – to bring about a change in American grand strategy.”

Image: “EdmundBurke1771” by Joshua Reynolds – National Portrait Gallery. Licensed under Public Domain via Wikimedia Commons – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:EdmundBurke1771.jpg#/media/File:EdmundBurke1771.jpg

Ukraine: The Danger of False Narrative | Common Dreams | Breaking News & Views for the Progressive Community

Ukraine: The Danger of False Narrative | Common Dreams | Breaking News & Views for the Progressive Community.

… And they dug their own graves…

In Ukraine, the US is dragging us towards war with Russia | John Pilger | Comment is free | The Guardian

The Hundred-Year War

In Ukraine, the US is dragging us towards war with Russia | John Pilger | Comment is free | The Guardian.

 

Terrorism is just one of many scourges to beset the people of Mali for decades | Peter Beaumont | Comment is free | The Observer

Terrorism is just one of many scourges to beset the people of Mali for decades | Peter Beaumont | Comment is free | The Observer.

Of four modern myths

“We are supported by the collective will of the world,” declared U.S. President George W. Bush as he launched the war against Afghanistan’s Taliban regime in October 2001. For many people, that collective will has a name: the “international community.” This feel-good phrase evokes a benevolent, omniscient entity that makes decisions and takes action for the benefit of all countries and peoples. (Foreign Policy Special Report)

US troops in Afghanistan Information manipulation, propaganda and the broadcasting of falsehoods are not new. The modern psyche, awash with consumer “dreams”, celebrity worship and, in the English speaking world, a curious mixture of self-deprecation and arrogance, seems now unable to discriminate, analyse, and form a real “opinion”. Others have acknowledged the “de-politisation” of the public sphere, exemplified by voters’ apathy, indifference and contempt for the political class and fragmentation into single interests politics, from climate change militancy to gay rights.

What may be a source of wonder for historians of the future is the emergence of relatively short-lived but apparently influential myths in our time – the first decades of the 21st century. Those myths are the products of media universally enslaved to the “owners”, meaning the various elites now ruling both the first – the “old” new world, to paraphrase Perry Anderson –  and the “second” world – to simplify, the growing powerhouses of Asia and South America, as well as an academic and political caste hell-bent in defending their privileges. Some are throwbacks from the pre-world wars world of bourgeois delusions (harking to a new “Belle Epoque”), some are central to the reigning neo-liberal ideology which translates as the “pensée unique” of the assets-owning classes and their henchmen. The 20th century, up to the 1979-1989 decade, had the “Soviet threat”, that fuelled anti-communist reaction, the industries of the Cold War, and the immense profits made out of plundering the resources of the then “third world”. It also saw money and weaponry flowing from the US and Europe to some the worse dictatorial régimes of modern history, from Chile’s Pinochet to Iraq’s Saddam Hussein, the Saudi empire, the Greek colonels and many others.

What of now? Well, I submit we have – to identify some of the most evident in the western press – “Al-Qaeda”, “9/11”, the “international community” and “there is no alternative”.

The myth of the “international community” is a good starting point. What is it? Who’s in it? How do we know? One can understand an international community of physicists, say, or of expert neurologists, or of science fiction writers. But “international community” on its own? What does it really mean? Yet “we” – whoever “we” are in it – have apparently justified, condoned,  called for, wanton destruction throughout the world, two wars against the impoverished people of Iraq, murderous bombings of Pakistan and Afghanistan, the destruction of Libya, mindless support to gangsters and neo-fascists in the former Yugoslavia and elsewhere – indeed the destruction of the country that had a historical role in the liberation of Europe from nazi tyranny, and countless armed interventions across the world, sometimes by proxy. An obvious statement is that no one is consulted on what the “international community” wishes! In 2003 millions of people demonstrated publicly in cities in the US and Europe against war in the Middle-East to no avail. Yet whatever the “international community” decides, or authorised its (well) armed proponents to enact, has consequences for all of us. Some of those consequences are predictable, and others “unintended”, from the casualties of the first Gulf war of 1991 to the spread of a militant, violent and distorted form of Islam, fuelled by Saudi money and the support of those exemplars of democracy such as Bahrain, the UAE and other Saudi’s sidekicks, through the ruins of western economies and the rise of private and unaccountable armies paid for by impoverished western taxpayers. Observations of those consequences does not appear to reach the consciousness of our “international community” or its media channels. Nothing has been learnt in Iraq – the continuing nightmare of violence and bigotry, the endless pursuit of wealth and power by an unaccountable class of despots – nothing in Egypt, and worst of all, nothing has been learnt from the quagmire of the Afghan wars. Nothing was learnt from the medieval treatment of “suspects” in Guantanamo Bay and dungeons in Afghanistan and elsewhere, which yielded not a shred of evidence on “terrorism” or any conspiracy against “freedom”. Yet the drama continues, today through an aberrant armed intervention from France in the Sahel, in support of a corrupt, hated and incompetent régime. The crisis in the Sahel is real of course, and as Kofi Annan has shown, a by-product of inept western policies, most recently towards Libya.

This takes us to the second “myth”: Al-Qaeda. The word was an invention of the US media, misreading, perhaps intentionally, a statement from Bill Clinton after attacks against US interests in Africa in 1998. The “Bin Laden’s network”, as it was then described, was chiefly motivated by the “occupation” of the Saudi empire by US forces during and after the first Gulf war in 1991: the same sentiment of religious outrage (the occupation by heathens of the holly land and sacred sites) would later provoke the outrage of 9/11, a purely US-Saudi event and development. This was therefore one of the unintended consequences of the folly of 1991. But of course the media frenzy would never stop from then on, and with the advent of Bush Jr and the “War on Terror” after 2001, Al-Qaeda was born, or reborn, as the “universal enemy”, justifying, first, indiscriminate bombing in Afghanistan – a country wholly unable to defend itself against technological warfare, and only related to Middle-East events through the flow of – yet again – Saudi money during the Soviet war, and soon exception laws in the name of “security”, and wholesale torture of suspects. After 9/11, the initial justification invented for the war against Iraq, was some mysterious involvement of the Iraqi state with “terrorists”, an implausible theory since the secular governments in the Middle-East were in fact at war with extreme Islamic agitators funded by the Saudis. Never mind the facts, the myth rolled on. Then we heard about “weapons of mass-destruction”, a fallacy soon proven to be utter bilge. Of course there was no shortage of falsehoods, blatant lies and posturing in the era of Bush and his acolyte Mr Bliar, supported by media empires soon to be proven highly unethical and flouting the law.

The tragedy of 9/11 was real enough, and was felt by all of us as an atrocious attack on the innocent. That sentiment was subsequently and shamelessly exploited. Few observers doubted the central motivation: outrage caused in Saudi Arabia by the continuing presence of US troops – including women – on Saudi soil. The actors of the drama were nearly all Saudis, living in Europe (chiefly Germany) and the US. The whole plan was a Saudi product, probably funded by Saudi benefactors of strong religious beliefs –  the same bankers of madrases all over Africa and the far East where militant Islam is taught relentlessly to this day. The episode had little if anything to do with Afghanistan, Iraq or any of the future targets of the “war on terror”. Yet the story of “international” terrorists was spun ad nauseam. It is, in a way, the other side of the “international community” coin. Black and white, a convenient “them” and “us”. The media ignored the role played by those countries (Saudi, Yemen, Qatar, Kuwait, Bahrain and others, and the then dictatorships of Egypt and Tunisia) supported militarily by the US and Europe. The continuing fault line caused by the Israeli government policies towards its neighbours and the Palestinian people was equally glossed over. A decade later Iraq stands in ruins, the entire the war in Afghanistan is lingering through countless suffering for its people, more trouble brewing up in Pakistan, thousands of maimed ex-soldiers damaged physically and mentally for life, and of course the colossal costs of the intervention for western countries on the brink of bankruptcy… I hesitate to mention Bin Laden himself, but enough is to say that the man who was a mere agent for channelling Saudi money to the Afghan resistance to the Soviet armies, had probably very little to do with events in the US. Already a sick man at the end of the Russian withdrawal in 1989 – after, incidentally, a pointless 10-year murderous war – his appearance on obscure videos served mostly to fuel the neo-conservatives’s propaganda machine. He may or not have died earlier in the caverns of northern Afghanistan, or in his jail in Pakistan as claimed later by the US government. Does it matter? Not to the victims of the “war on terror”, that is certain.

What matters to “us” is that – it is claimed – there is “no real alternative” to the criminal austerity policies imposed on the hapless people of the western hemisphere by government solely committed to the privileged 1% of society that is benefiting from the collapse of the post-war status-quo. I am writing about the whole episode of the rebirth of hayekian reactionary policies since the late 70’s, through the many crises of the 90’s, and the socialisation of the financial “losses” since 2008. The Chinese media called the rescue of the bankrupt financial sector in the US “Socialism with US characteristics”. Indeed. The transfer of speculators and gangsters losses to the larger public has sunk the fragile fiscal equilibrium of those nations, already hit by rising inequalities of income and unemployment. For how long will European and American public opinions tolerate the war on the poor and unemployed conducted by the various administrations of those countries is hard to predict. Revolutions are also made of myths, and unintended consequences…

End of an era?

It was bound to end, sooner or later. Back in 2004 Madeleine Albright already asked: “Do you imagine they have Bin Laden somewhere in a cage?” This was shortly before the November elections, and not long after the US Military had got hold of Sadam. One may wonder about the timing, what with the Libyan fiasco in the making, no real good news in Afghanistan, and of course the near deadlock in Congress. It remains that one evil has bitten the dust and few people will shed tears.
This won’t hurt the President’s prospects of reelection either. Whether it helps in the current conflict is another matter. UBL may have had currency in some circles but we may be correct in doubting any serious influence with the Afghan insurgency. Al Qaeda was a foreign import, straight from that evil nest of all evil in the Arab peninsula, and, sadly, the machinations of the State department back all these years during the Soviet war.
In a way this may invite some of us to reflect on the state of our world. UBL never faced a criminal court of law as he and his henchmen should have. I for one will regret it.